Il suivit pendant quelques minutes la voiture de la reine et de Madame en se tenant à la portière. Chapitre CXXXV L'orage 33 Page 39 Le Vicomte de Bragelonne, Tome III. Le temps s'était à peu près éclairci . cependant une espèce de voile poussiéreux, semblable à une gaze salie, s'étendait sur toute la surface du ciel . le soleil faisait reluire des atomes micacés dans le périple de ses rayons. La chaleur était étouffante. Mais, comme le roi ne paraissait pas faire attention à l'état du ciel, nul ne parut s'en inquiéter, et la promenade, selon l'ordre qui en avait été donné par la reine, fut dirigée vers Apremont. sac longchamp hobo
La troupe des courtisans était bruyante et joyeuse, on voyait que chacun tendait à oublier et à faire oublier aux autres les aigres discussions de la veille. Madame, surtout, était charmante. En effet, Madame voyait le roi à sa portière, et, comme elle ne supposait pas qu'il fût là pour la reine, elle espérait que son prince lui était revenu. Mais, au bout d'un quart de lieue à peu près fait sur la route, le roi, après un gracieux sourire, salua et tourna bride, laissant filer le carrosse de la reine, puis celui des premières dames d'honneur, puis tous les autres successivement qui, le voyant s'arrêter, voulaient s'arrêter à leur tour. Mais le roi leur faisait signe de la main qu'ils eussent à continuer leur chemin. Lorsque passa le carrosse de La Vallière, le roi s'en approcha. Le roi salua les dames et se disposait à suivre le carrosse des filles d'honneur de la reine comme il avait suivi celui de Madame, lorsque la file des carrosses s'arrêta tout à coup. portefeuille longchamp femme Sans doute la reine, inquiète de l'éloignement du roi, venait de donner l'ordre d'accomplir cette évolution. On se rappelle que la direction de la promenade lui avait été accordée. Le roi lui fit demander quel était son désir en arrêtant les voitures. De marcher à pied, réponditelle. Sans doute espéraitelle que le roi, qui suivait à cheval le carrosse des filles d'honneur, n'oserait à pied suivre les filles d'honneur ellesmêmes. On était au milieu de la forêt. La promenade, en effet, s'annonçait belle, belle surtout pour des rêveurs ou des amants. sac a epaule longchamp pas cher
Trois belles allées, longues, ombreuses et accidentées, partaient du petit Chapitre CXXXV L'orage 34 Page 40 Le Vicomte de Bragelonne, Tome III. carrefour où l'on venait de faire halte. Ces allées, vertes de mousse, dentelées de feuillage ayant chacune un petit horizon d'un pied de ciel entrevu sous l'entrelacement des arbres, voilà quel était l'aspect des localités. Au fond de ces allées passaient et repassaient, avec des signes manifestes d'inquiétude, les chevreuils effarés, qui, après s'être arrêtés un instant au milieu du chemin et avoir relevé la tête, fuyaient comme des flèches, rentrant d'un seul bond dans l'épaisseur des bois, où ils disparaissaient, tandis que, de temps en temps, un lapin philosophe, debout sur son derrière, se grattait le museau avec les pattes de devant et interrogeait l'air pour reconnaître si tous ces gens qui s'approchaient et qui venaient troubler ainsi ses méditations, ses repas et ses amours, n'étaient pas suivis par quelque chien à jambes torses ou ne portaient point quelque fusil sous le bras. Toute la compagnie, au reste, était descendue de carrosse en voyant descendre la reine. MarieThérèse prit le bras d'une de ses dames d'honneur, et, après un oblique coup d'il donné au roi, qui ne parut point s'apercevoir qu'il fût le moins du monde l'objet de l'attention de la reine, elle s'enfonça dans la forêt par le premier sentier qui s'ouvrit devant elle. Deux piqueurs marchaient devant Sa Majesté avec des cannes dont ils se servaient pour relever les branches ou écarter les ronces qui pouvaient embarrasser le chemin.
|