»Pendant ces quatre années, mes études physiques avaient continué. J'étais excellent cavalier, de première force à l'escrime ; j'eusse pu disputer le prix de la carabine au meilleur chasseur tyrolien, et, au grand galop de mon cheval, je clouais un ducat contre la muraille. »Je n'avais jamais demandé à mon père pourquoi il me poussait à tous ces exercices. J'y prenais plaisir, et, mon goût se trouvant d'accord avec sa volonté, j'avais fait des progrès qui m'avaient amusé moi-même tout en le satisfaisant. »Au reste, j'avais jusque-là passé au milieu du monde pour ainsi dire sans le voir ; j'avais habité trois pays sans les connaître ; j'étais très-familier avec les héros de l'ancienne Grèce et de l'ancienne Rome, très-ignorant de VII - LE FILS DE LA MORTE.. 77 Page 81. polo lacoste prix
La San-Felice, Tome I mes contemporains. »Je ne connaissais que mon père. »Mon père, c'était mon dieu, mon roi, mon maître, ma religion ; mon père ordonnait, j'obéissais. Ma lumière et ma volonté venaient de lui ; je n'avais par moi-même que de vagues notions du bien et du mal. »J'avais quinze ans lorsqu'il me dit un jour, comme deux fois il me l'avait déjà dit : »-Nous partons. »Je ne songeai pas même à lui demander : »-Où allons-nous ? »Nous franchîmes la Prusse, le Rhingau, la Suisse ; nous traversâmes les Alpes. J'avais parlé successivement l'allemand et le français, tout à coup, en arrivant au bord d'un grand lac, j'entendis parler une langue nouvelle, c'était l'italien ; je reconnus ma langue maternelle et je tressaillis. rayban aviators »Nous nous embarquâmes à Gènes, et nous débarquâmes à Naples. A Naples, nous nous arrêtâmes quelques jours ; mon père achetait deux chevaux et paraissait mettre beaucoup d'attention au choix de ces deux montures. »Un jour, arrivèrent à l'écurie deux bêtes magnifiques, croisées d'anglais et d'arabe ; j'essayai le cheval qui m'était destiné et je rentrai tout fier d'être maître d'un pareil animal. »Nous partîmes de Naples un soir ; nous marchâmes une partie de la nuit. Vers deux heures du matin, nous arrivâmes à un petit village où nous nous arrêtâmes. »Nous nous y reposâmes jusqu'à sept heures du matin. «A sept heures, nous déjeunâmes ; avant de partir, mon père me dit : »-Salvato, charge tes pistolets. jean lacoste deces
»-Ils sont chargés, mon père, lui répondis-je. »-Décharge-les alors, et recharge-les de nouveau avec la plus grande précaution, de peur qu'ils ne ratent : tu auras besoin de t'en servir aujourd'hui. »J'allais les décharger en l'air sans faire aucune observation ; j'ai dit mon obéissance passive aux ordres de mon père ; mais mon père m'arrêta le bras. »-As-tu toujours la main aussi sûre ? me demanda-t-il. VII - LE FILS DE LA MORTE.. 78 Page 82.
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